Le 20 octobre, nous étions aux côtés d’Act Up-Paris (merci à eux pour l’invitation) pour aller rencontrer le cabinet du ministère de l’intérieur en charge des politiques migratoires.

À l’arrivée sur place, un journal dans la salle d’attente titrait « Ces 570 bidonvilles que la France ne veut pas voir ». Ambiance.

Une fois installé·es nous avons essayé d’aborder le maximum de sujets possibles.

Après l’intervention d’Act Up sur les travailleur·euses du sexe ;

DS, la réduction des risques et les problèmes administratifs pour les étrangerEs malades nous avons pris la parole.

– Nous avons abordé les problématiques liées à l’hébergement des migrantEs : le manque de travailleurs·euses sociaux, les hébergements insalubres, les atteintes à la dignité, le tri effectué dans les centres par le GIP, le manque de suivi juridique, l’absence de centre d’hébergement dans Paris et la volonté d’éloignement en province…

Peu de réponses à nos questions, en nous renvoyant sur les opérateurs d’État gérant les centres. Nous souhaitons souligner que comme leurs noms l’indiquent, les opérateurs d’État sont financés par … l’État. La volonté de trier les migrant·es selon leur situation administrative après chaque mise à l’abri a été ré-affirmée par le ministère.

– Sur la question du Centre d’Examen de Situation Administrative (CESA) : nous avons interpellé le gouvernement sur le tri systématique et la duplication du système de CESA a l’ensemble de l’hexagone alors que toutes les associations de défense des droits des migrant·es se sont positionnées contre ce système de tri.

– Nous avons dénoncé le passage du délai de rétention administrative de 45 jours à 90 jours avant l’obtention d’un laisser passer consulaire. Il nous a été confirmé que cet allongement a été mis en place pour favoriser encore plus de déportations, surtout dans les pays mettant du temps à délivrer ce laisser passer.

– Nous avons dénoncé les dysfonctionnements de prise en charge des mineurs non-accompagnés notamment l’évaluation au faciès du DEMIE, la non-application de la présomption de minorité, l’hébergement dans des hôtels insalubres. Il ne nous a rien été répondu de concret à part la crainte de l’État que des personnes majeurs se présentent comme mineurs.

– Nous avons abordé le sujet du CESEDA et de Dublin 4 pour avoir plus d’informations sur l’application de ces derniers et la date de Dublin 4. Nous avons eu la confirmation à demi-mot que la France appliquera le règlement Dublin 4 autant qu’elle applique Dublin 3.

Quelques phrases résumant bien ce rendez vous :

« La France ne renvoie pas de migrant·es vers les pays en guerre »
En réalité, la France a été condamné par la Cour Européenne Des Droits de l’Homme pour le renvoi de migrant·es vers le Soudan notamment. Et pour rappel le règlement Dublin 3 aboutit à la déportation d’étranger·ères vers leurs pays d’origine.

« Il y a une volonté de trier les migrant·es selon leur situation administrative »
Ah, ça on l’avait remarqué.

« Notre objectif est d’augmenter les retours des personnes en situation irrégulière ».