Le 11 janvier 2017, le BAAM a adressé ses vœux aux politiques sous la forme de 50 propositions afin d’améliorer l’accueil des migrant.e.s en France  

Les politiques européennes

  • Retrait de la circulaire Dublin III et abandon du projet Dublin IV, de la commission européenne.
  • Remise en cause des accords entre l’Union Européenne et la Turquie, l’UE et l’Afghanistan, des accords du Touquet et du processus du Khartoum.
  • Retrait de la France de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.

 Le droit à la protection

  • Non distinction entre réfugiés de guerre, climatiques et économiques.
  • Accès effectif et immédiat à la demande d’asile à compter de la première présentation en PADA (Plateforme d’accueil des demandeurs d’asile).
  • Fin de la liste des pays sûrs.
  • Libre choix du pays de dépôt des empreintes.
  • Fin du récit obligatoire.
  • Traduction de tous les documents fournis par l’administration aux migrants dans la langue de leur pays d’origine.
  • Prise en compte systématique des certificats médicaux attestant de l’état physique et psychologique des migrants lors des procédures OFPRA et CNDA.
  • Délivrance automatique du titre de séjour et des documents d’état civil dès l’obtention du statut.
  • Fin des procédures accélérées.
  • Des délais suffisant pour l’obtention de l’aide juridictionnelle et de recours.
  • Respect et amélioration des conditions de travail des salariés du secteur de l’asile.
  • Fin de la politique officieuse des quotas en fonction des pays d’origine et du nombre d’admission par officier de protection.
  • Accompagnement du demandeur d’asile par la personne de son choix lors de l’entretien OFPRA.
  • Communication systématique aux demandeurs d’asile du rapport et de l’enregistrement de l’entretien OFPRA.
  • Suppression de la mutualisation des officiers de protection et spécialisation géopolitique de ceux-ci.

Les mineurs non-accompagnés

  • Mise à l’abri immédiate et inconditionnelle des mineurs isolés se présentant au dispositif d’évaluation (DEMIE).
  • Construction d’un centre spécialement dédié à l’accueil et à la mise à l’abri des mineurs non accompagnés
  • Accès à l’éducation pour tous les mineurs non accompagnés.

Les familles

  • Facilitation et accélération des procédures de réunification et de regroupement familial.
  • Régularisation automatique des parents d’enfants ayant obtenu le statut de réfugié ou de protection subsidiaire.

L’hébergement

  • Respect du droit au logement inconditionnel pour les demandeurs d’asile, les statutaires et les déboutés.
  • Dénonciation des pratiques opaques au centre du Porte de la Chapelle dit « centre Hidalgo » et du CESA.
  • Construction de centres d’accueil pérennes répondant aux normes du code de la construction et de l’habitat.
  • Fermeture immédiate de tous les centres d’hébergement et hôtels insalubres.
  • Fin de la politique des marchés publics pour les opérateurs du secteur de l’asile qui privilégie la quantité à la qualité.
  • Prise en charge systématique des demandeurs d’asile dans les Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (CADA) avec un suivi juridique et social dispensé par des personnes qualifiées.
  • Fourniture de couches, lait maternel, jouets pour les enfants dans les centres d’hébergement et les hôtels accueillant des familles.
  • Mise à disposition d’une cuisine ou à défaut de titres restaurant au montant suffisant (8 euros 90 au moins) dans les hébergements accueillant les demandeurs d’asile.

Les droits sociaux

  • Ouverture d’un compte courant libre d’accès dès le dépôt de la demande d’asile.
  • Augmentation des plafonds de l’ADA en les alignant sur les plafonds du Revenu de Solidarité Active.
  • Gratuité des transports pour toutes les personnes demandeuses d’asile.
  • Ouverture des prestations de la CAF aux personnes vulnérables dès leurs dépôts de demande d’asile.
  • Multiplication des dispositifs de suivi, type CAPI, pour les personnes ayant obtenu la reconnaissance de leur statut.

La formation et l’emploi

  • Droit au travail
  • Enseignement professionnel du français et arrêt du recours systématique au bénévolat, pour permettre à tous une autonomie dans les démarches, sans condition de statut.
  • Faciliter l’accès aux dispositifs d’insertion type SIAE, Structures d’Insertion par l’Activité Economique .
  • Faciliter la délivrance d’équivalence des diplômes.
  • Mise à disposition systématique des services d’un traducteur à Pôle Emploi.
  • Mise en place de passerelles vers l’emploi et la formation dédiées aux migrants facilitant leur accès au marché du travail.
  • Valorisation des savoirs-faire et des artisanats : accès facilité aux ateliers municipaux.

La santé

  • Mise en place d’une cellule psychologique avec traducteurs formés dans chaque municipalité accueillant les demandeurs d’asile.
  • Facilitation des dépistages VIH, MST, tuberculoses.
  •  Développement des Permanences d’accès aux soins de santé (PASS) permettant un accès effectif aux soins.
  • Embauche de traducteurs dans les PASS.
  • Accès à la protection universelle maladie PUMA dès le dépôt de la demande d’asile.

La culture

  • Multiplication de co-créations culturelles, artistiques et audiovisuelles en permettant les échanges et les rencontres lors d’évènements dédiés ».
  • Accès libre et gratuit aux musées sur présentation de l’attestation de dépôt de demande d’asile ou de l’autorisation provisoire de séjour.